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LA CHAIR DES JOURS

texte de Annie BRIET
illustré par LOUTTRE.B

Annie Briet a posé ses mots sur les tableaux de Louttre.B, et cette complicité est devenue La Chair des Jours.
Il y a, dans La Chair des Jours, 
Des déferlements de bleu 
Un ciel de braise
Un crépuscule rose comme un berceau de songes.
Il y a dans La Chair des Jours, des couleurs et des odeurs de Lot, ce point de rencontre du peintre et du poète.
Il y a dans La Chair des Jours un artiste au faîte de son art, qui revendique le plaisir de faire et la découverte perpétuelle de gestes nouveaux.
Il y a dans La Chair des Jours la grâce des mots d’Annie Briet, contrepoint à celle des œuvres de Louttre.B
Il y a dans La Chair des Jours une complicité qui permet aux deux artistes de 
Peindre
 Le léger poids du monde

 Il y a dans cette œuvre à deux voix un optimisme qui fait du bien. Une façon étonnante de nous dire qu'il fait beau sur le monde.

La Chair des Jours est diffusé à la Galerie Sépia - 3 rue Urbain Cabrol - 12200 Villefranche de Rouergue

Prix : 12.00 €
 

48 pages - Quadrichromie - 19 X 15 cm - Broché
2009
ISBN 978-2-912360-57-1

 
 
 

CRITIQUES

D’abord il y a les tableaux. L’exposition. Le silence des visiteurs. Leur émerveillement. Ensuite il y a la poète. La rencontre avec les toiles. Et ce frémissement qui précède la mise à l’écriture. Brusquement quelqu’un entend le murmure des couleurs et des formes. Le restitue en mot. En images. En émotion. Le poème se lit et donne à relire le tableau. L’un et l’autre se répondent, s’accompagnent dans une vibration complémentaire. L’un et l’autre font ce qui s’appelle une œuvre. Commune. Et qui dépasse le travail personnel de chacun. Une œuvre pleine de silence. D’équilibre. Une œuvre qui ouvre au monde. 
Patrick Joquel

Vingt-et-un poèmes d’Annie Briet croisent 21 tableaux de Louttre.B sur un papier lisse et nacré. Annie Briet sait parfaitement rendre compte des ta­bleaux colorés du peintre. Dialoguent pein­tures et mots de chair, mots bleus, mots fleurs pour « peindre / le léger poids du monde », « la fresque des saisons ». Très beau poème sur la li­corne « couleur de lys et de rosée ».
Un recueil profond et tendre auprès duquel il fait bon musarder, une pâquerette au coin des lèvres !
O. B. - Inter CDI

Vingt-et-un poèmes d’Annie Briet d’après vingt-et-un tableaux de Louttre.B. Toiles lumineuses, couleurs chaudes, soleil craquant sur la terre rouge.
Ciel de braise
Soleil calciné
A peine quelques traces de pinceau bleu
comme libellules rescapées
Les prés sont lavés de soif orange.
Beaucoup de sensations liées à la nature, à l’atmosphère, au temps.
Déferlement de bleu
par la fenêtre ouverte
Nous retenons le jour entre nos cils.
Le texte porte l’image au-delà de son cadre, la fond dans le paysage. Poétique de l’espace, qui porte la trace de l’immense et de l’absolu :
Le matin cherche sa voix céleste
dans la rose de l’air.
Densité des arbres, des fleurs, de la terre dans sa plénitude.
Le monde est stable
Sur son soc de glaise ;
Les arbres sont enflammés d’automne
au bord de la rivière.
C’est cette impression de densité qui émane des peintures, avec le contraste de couleurs intenses.
Un arbre rouge s ‘est levé
comme une flamme
Son feuillage bleu tient la nuit entre ses doigts.
Il est question de lumière, quand
La roue céleste des jours
tourne autour de toi
héros solaire assiégé d’infini.
Il s’agit donc d’un recueil qui se contemple, se laisse infuser, avec ses
bouquets de pivoines et de campanules
et son
Crépuscule rose
comme un berceau de songes.
Un arc-en-ciel d’impressions à déguster comme de petits macarons et,
Comme la prairie
s’étendre sur le dos
et boire à même le ciel
Dormir avec les étoiles dans les bras.
Valérie Canat de Chizy – Verso n°139 – décembre 2009

La chair des jours, bel album sur papier glacé, poèmes d’Annie Briet d’après des peintures de Louttre.B, que les éditions Soc et Foc viennent de publier, enchantera bien des lecteurs. La variété des tableaux, l’harmonie des couleurs, l’invention, associées à la musique des mots, à la clarté des images et à la fluidité de l’écriture, plairont au regard, à l’ouïe et à l’esprit.
Le livre a la particularité d’en présenter deux à la fois. En effet, les poèmes pourraient se passer des peintures et les peintures, évidemment, des poèmes. Mais, ensemble, ils s’enrichissent, se complètent et apportent au titre commun des significations que celui-ci n’avait pas au départ - le titre sert de trait d’union, d’élément de cohérence à partir de quoi le poète peut prendre la liberté qui lui convient. Un peu comme chez Max Ernst, le titre est souvent décalé du tableau, ce qui incite Annie Briet à ajuster son poème à cette double contrainte : la représentation et la nomination de cette représentation. Par exemple, pour le cas d’Un oiseau qui vient d’ailleurs, il faut un œil exercé et beaucoup d’imagination pour admettre que l’entrelacs  énorme, dans un ciel presque bleu, figure un oiseau, ou bien l’oiseau est-il ce buisson en forme de nid - la tête ? - soudée à cette tache bleue sur l’arbre - le corps ? Quoi qu’il en soit, Annie Btiet aurait-elle évoqué l’oiseau si le mot manquait au titre ? Le titre peut aussi contredire ce que l’œil voit. Traces éparses affiche plutôt une certaine compacité dont le poème doit tenir compte. En revanche, L ‘ami des Jardins produit un feu d’artifice, quelque chose d’aérien qu’animent les sonorités fluides du poème portées par l’allitération en [L].
La méthode de lecture paraît évidente. La lecture du tableau s’impose avant celle du poème La raison d’être du poème sera de comprendre le tableau, de le cerner, d’en surprendre les éléments marquants. Bref, d’analyser et synthétiser, après quoi le poème prendra son essor et vivra sa vie.
Fournaise, peinture structurée par un grand rectangle rouge-brun au-dessous duquel sont accolés un plus petit rouge-orangé et un troisième couvert de taches jaunes, blanches et d’esquisses d’arbres, induira dans le poème un réseau lexical du feu, de la chaleur - braise, soleil (absent?), calciné, soif, orage. Le tableau «oblige » le poète. Ici, les mots se marient aux couleurs, l’allitération en [R] souligne l’âpreté du décor -mais le poète n’est pas subordonné au tableau et peut s’en affranchir, comme le fait Annie Briet dans Sous les arbres d’occident, au vers final : « Peindre/le léger poids du monde », alors que la peinture impose un grand carré bleu cerné par un arbre massif qui lui donne l’aspect d’un lourd parallélépipède rectangle.
Dans ce type d’exercice (poème sur peinture) le travail opère dans une triple voire quadruple interprétation :
Interprétation de la nature par le peintre ;
Interprétation de la peinture par le poète ;
Interprétation de la peinture et du poème par le lecteur.
Le but n’est pas de fournir des significations intangibles mais, de se retrouver dans la situation du peintre et du poète et d’établir une connivence avec les deux artistes.
Il arrive aussi que l’interprétation du poète ne soit pas corroborée par celle du lecteur. Je pense aux Noces de la terre et du ciel où l’on voit un cercle (le soleil ? la lune ?), un ciel bleu ; au-dessous, un vague losange avec des rectangles rouge, blanc, beige (la terre ?). Un ensemble qui paraît «bouillonner » ? Deux espaces en train de s’affronter ? Quand Annie Briet évoque la douceur, la tendresse, la caresse. Le lecteur, un temps décontenancé, finit par adapter son point de vue à celui du poète. Il a risqué, il a peut-être perdu !..
Lire La chair des jours a un côté ludique. Lire, d’ailleurs, ne suffit pas. Il faut relire jusqu’à épuisement du sens. Mais le sens ne s’épuise pas : peintures et poèmes en produisent à l’envi.
La chair des jours reste une œuvre ouverte. Ouverte sur la nature, ses changements, sa force et sa fragilité ; ouverte à des lectures multiples, chaque fois différentes et chaque fois recommencées.
C’est un livre à glisser dans sa poche avant une promenade à la campagne. A lire, assis sous un arbre, à ouvrir en marchant, le regard tourné vers un verger au printemps, un bosquet en automne ou le ciel qu’un orage tourmente. Les mots d’Annie Briet vous emboîteront le pas, vous feront communier avec les éléments tandis que les couleurs et les formes des tableaux de Louttre.B se fondront avec celles du spectacle naturel.
Jean Billaud 

 

Écrivain : Annie BRIET

Annie Briet a vécu son enfance et son adolescence en Champagne 
troyenne. Nommée professeur de lettres près de Toulouse, elle découvre 
le Lot et n'a de cesse depuis de connaître ceux qui l'habitent et 
d'explorer à pied ses lieux les plus secrets, innombrables. Elle a 
écrit Désir de Lot (la Lauze) pour y narrer en prose poétique ses 
étés, ses marches, ses découvertes émerveillées.
Autres publications :
Zemara la serpentine (La Farandole)
Dans le cercle des saisons (Pluie d'étoiles)
Bruire comme l'arbre (Encres Vives)
Pierres de patience (Encres Vives)
Novembre à Saorge (Encres Vives)
Eveil de feuilles et de racines (Encres Vives)
Fresque tressée de fleurs (Amis de la poésie à Bergerac)
Arc-en-ciel d'oiseaux (éd. Du rocher)
Elle est membre du comité de rédaction de la revue Encres Vives.
En préparation : un second livre sur le Lot et ses artistes.
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Illustrateur : LOUTTRE.B

Louttre.B, né à Paris en 1926, vit et travaille à Paris et dans le Lot, à Boissierette qui lui est son thème favori, une source, un réservoir de formes et surtout de paysages.
« J'ai peint à l’huile, à l’acrylique, à la colle, au sable ; on ne peint pas avec du sable comme avec de l’huile, chaque matériau vous force à trouver d’autres gestes et à découvrir un autre plaisir de faire » dit-il (in Baptiste-Marrey 1994, p. 75)
 Il a présenté ses œuvres dans près d’une certaine d’expositions particulières, notamment à la galerie Jeanne Bucher (1962-1970), à la galerie Fabien Boubekia (entre 1979 et 1987) et à la galerie Le troisième œil, à Bordeaux depuis 1975 et à Paris depuis 1995 ; mais aussi au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Suède, en Allemagne (à Essen Galerie Heimeshoff depuis 1976).
En 2007, il a exposé à la galerie Ariel, Paris, pour la sortie de la monographie Louttre.B par Anne Malherbe, éditions Ides et Calendes.
Il est décédé le 6 avril 2012.
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